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Le management
Est-il une science ? Un don ? Ou un art ?
(H. SKIREDJ)
I- Introduction :
La réponse à la question est la suivante: « Le management est une science ». En effet :
Une science (du latin scientia, « connaître »), dans son sens le plus large, est une connaissance systématisée ; dans un sens plus restreint, tout savoir considéré comme objectif et, par conséquent, vérifiable. Il s'agit plus précisément d'un ensemble cohérent de lois, considérées comme valables jusqu'au moment où de nouvelles découvertes viendraient les infirmer, ou de conventions, décrites de manière à ce que tous les chercheurs de ce domaine puissent partager un langage, des expériences et des résultats. L'acquisition des connaissances est appelée science pure, terme à distinguer de celui de science appliquée, qui est la recherche de l'usage pratique de la connaissance scientifique, et de celui de technologie par laquelle les applications sont réalisées. Selon Descartes « toute connaissance qui peut être rendue douteuse ne doit pas être appelée du nom de science ».
Cette définition de la Science s'applique bien au « management » ; en effet, le management, dans le monde des affaires, est une expression utilisée pour décrire les techniques et les compétences visant à optimiser l'organisation, la planification, la direction et le contrôle des structures et des activités d'une société. Or, l'acquisition des connaissances sur les techniques d'organisation, de planification, de direction et de contrôle est effectivement une science pure ; la recherche de l'usage pratique de ces connaissances est une science appliquée. Mais l'art et le don ne sont pas absents du management. En effet, le Directeur et le contrôleur ne peuvent effectuer convenablement leur travail sans un minimum de compétence, de don et d'art puisqu'il s'agit de manipuler des êtres humains, pas des machines !
L'analyse de ses composantes confirmera que le management est une science qui fait appel à des qualités intrinsèques (don), à de l'art (finesse) quant à son aspect sociologique, humain et qualitatif.
II- L'organisation :
Dans la théorie du management, l'organisation revêt deux grands aspects :
- Le premier se rapporte à la mise en place d'une hiérarchie ou de niveaux de responsabilité, concrétisée par un organigramme qui désigne le rôle de chacun dans la société, du président au chef de service, et qui précise les fonctions assumées. Cette approche verticale (ou pyramidale) de l'organisation de l'entreprise est inspirée du concept moderne de la théorie de la firme.
- L'autre grand aspect est relatif à la constitution d'un personnel de cadres qualifiés (notamment le recrutement et la formation continue).
Ces deux aspects peuvent être traités d'une manière scientifique, répétitive, sans aucune ambiguïté. Mais le choix du personnel parmi d'autre, par un jury, par exemple, quoique obéissant à des critères scientifiques, fait appel à des qualificatifs des membres du jury, liés au don et à l'art, telle que l'observation de la façon de parler, de s'habiller et de répondre aux questions lors d'une interview ; ceci reste subjectif, dépendant de tout un système de croyances, tendances, ethnies et régionalisme, peut- être, plutôt que d'un schéma statique facilement applicable !
III- La planification :
La planification, selon la science du management, revêt trois principaux aspects :
- Le premier est la mise en place d'une politique prévisionnelle dans les grandes lignes concernant la production, les ventes, les investissements en équipement, matériels et fournitures, et la comptabilité. La politique des prix, l'analyse des risques et d'autres disciplines stratégiques font partie de cette catégorie.
- Le deuxième aspect se réfère à l'application de ces politiques par service.
- Le troisième se rapporte à l'établissement d'objectifs de travail et de rentabilité dans chaque service.
La direction de chaque département est ainsi placée sous l'autorité d'un cadre dirigeant chargé de superviser et de guider l'activité de chaque service. A ce stade, on fait généralement la distinction entre les cadres supérieurs, dont le travail est essentiellement une activité de conception et d'animation d'équipes, et les cadres moyens, directement responsables de l'exécution d'un plan d'action fixé. Le contrôle suppose le recours à la pratique des rapports et des comptes rendus pour comparer les résultats aux prévisions de travail.
C'est ainsi que la planification est en étroite relation avec les calculs de probabilité, d'informatique, de comptabilité et de rentabilité ; ce sont donc des aspects scientifiques. Mais là aussi, le don et l'art ne sont pas exclus ; on ne peut pas planifier ni appliquer les techniques et les formules de planification si l'on manque d'art et de façon de présenter les choses, de faire un rapport, de déterminer les objectifs de travail ou d'appliquer la politique optimale par service. Les qualités liées à l'art et au don existent mais jouent un rôle, surtout au niveau de la qualité du travail.
IV- Historique et évolution du management :
Ce type de management date de la fin du 19ème siècle. L'ingénieur et économiste américain Frederick Taylor l'a particulièrement fait évoluer et y a apporté un nouvel élan en développant les techniques d'analyse des opérations induites dans la production et les techniques de mise au point de seuils de travail journalier. Celles-ci supposent l'utilisation maximale de l'outillage, la spécialisation stricte et la suppression des tâches inutiles, ainsi qu'un système de salaires à primes pour inciter l'ouvrier au rendement. Les techniques mises au point par Taylor furent par la suite adaptées par les industriels à d'autres phases de l'activité économique, y compris l'embauche d'ouvriers qualifiés et l'établissement de programmes salariaux incitatifs, soit pour remplacer, soit pour compléter le système de travail à la tâche qui prévalait jusqu'alors.
Formant une organisation scientifique du travail industriel, ces méthodes de management favorisent l'augmentation de la production mais conduisent également, sous le couvert de la simplification et de l'économie des gestes, à dépouiller les tâches professionnelles de qualification et d'initiative et à déshumaniser le travail. Les experts en management industriel qui succèdent à Taylor ont appliqué ces techniques à des problèmes concernant des secteurs plus vastes de l'entreprise (stratégie commerciale, division internationale du travail, par exemple). A partir des années 1970, la science du management a largement pénétré de nouveaux secteurs comme le marketing, la finance ou la recherche.
Le management moderne et les théories sur l'organisation qui s'y rapportent ont tendance à accorder autant d'importance au climat social de l'entreprise qu'aux facteurs économiques traditionnels : le comportement des individus au sein des structures hiérarchiques est aussi important que les structures elles-mêmes. Ainsi, bien que l'on considère toujours les primes et d'autres mesures incitatives de ce type comme des méthodes de motivation efficaces pour accroître la compétitivité des entreprises et gagner des parts de marché, de nouvelles méthodes, moins directes, ont fait leur apparition, notamment le contrôle qualitatif (cercles de qualité) et la gestion des ressources humaines se sont développés parallèlement aux disciplines traditionnelles inspirées du fordisme. Dans le cadre des relations de travail, elles visent souvent à modifier le « collectivisme » traditionnel des salariés pour qu'ils se sentent plus intimement impliqués dans la vie de l'entreprise, afin de créer une véritable culture d'entreprise.
A partir des années 1980, le management a été fortement influencé par les innovations industrielles japonaises qui ont révolutionné les méthodes de production industrielle comme par exemple les techniques « just in time » (juste à temps).
Aujourd'hui, les modèles de science du management passent de plus en plus par des méthodes de travail liées à l'informatique et à la robotique ainsi qu'à travers les organisations en réseaux en utilisant de puissantes bases de données informatiques (les arbres de connaissance).
Evoluant dans un environnement de plus en plus concurrentiel, les entreprises attachent de plus en plus d'importance aux techniques de management qui servent autant de modèle organisationnel au sein des sociétés que de moyen de promotion aux yeux du monde économique et du grand public.
VI- Conclusion :
Le management est effectivement une science ; de part l'acquisition des connaissances, c'est une science pure ; de part la recherche d'usage pratique de ses connaissances, c'est une science appliquée. Le don et l'art sont présents en management afin d'améliorer la qualité des résultats et l'efficience quant aux aspects humain et social. |